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La charrette 2009 à Mollégès

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dimanche 21 juin 2009, par Eric

A chaque village sa fête...

Chacune des charrettes de la fédération est unique, décorée par les membres de la confrérie locale. Des différences qui vont jusqu’au nombre de chevaux harnachés, le nombre de colliers sarrazins qui mèneront l’ensemble, ou le fait que la carreto courre ou non...

Ainsi, à Molléges la charrette court le samedi après midi, et défile le dimanche.
Les premières heures du dimanche sont ainsi consacrées à la même chose que les dernières du samedi, la critique éclairée des courses de l’après midi. Le public est d’autant plus exigeant que connaisseur et analyse sans complaisance la vitesse et l’harmonie de la course des charretiers, la tension de la corde et l’entrée dans le virage, et sa sortie... Tout doit être parfait. Si la tension nerveuse n’est pas liée à la satisfaction du parterre, les charretiers sont concentrés : une vingtaine de lourds au galop doivent être tenus... Cela n’a rien d’une promenade bucolique. Mais les "jeunes" s’en sont bien sortis. Les spectateurs, plus nombreux chaque année, sont contents, et eux sont fiers.

Le dimanche est plus calme, heureusement pour ceux qui se sont couchés "tard" ce matin. La procession qui amène la longue flèche jusque devant l’église pour une bénédiction se fait sereinement.
Les charretiers sont ainsi partis de bonne heure le matin pour un petit déjeuner copieux au Mas des Prieurs de l’année, Mrs Vincent et Rhame. A part, les rognonais préparent les colliers, brides, martingales, carapaçons pour habiller les dix sarrazins que les Mollégeois ont demandé. Une préparation qui commence par une réparation improvisée, une des bride s’est cassée la veille... Celle de Mollégès... Voila qui mérite qu’on fasse un effort dans l’urgence.

Les chevaux viennent l’un après l’autre recevoir leur harnachement si bien décrit par Mistral dans ses Mémoires et récits. Les 50 autres sont habillés par leur charretier, chacun enfilant un collier provençal à son animal.

La flèche à Mollégès est longue de 62 Chevaux du Davans   au Limonié. Les prieurs mènent les premiers, alors que le Cavihié   et le Limonié sont menés par les Fabre.

fabreMichel Fabre est un habitué de l’exercice. Il a toujours baigné dans cette fête. Une photo trône même dans son salon, le montrant menant un cordié son frère debout sur le cheval.
La photo aura 50 ans l’an prochain.
Un demi siècle à cette tradition ? Et plus encore. Avant lui, son père, son grand père et jusqu’à son arrière grand-père Urbain German ont été prieurs de Saint Eloy. Urbain en 1860, lui en 1985 puis en 2006, plus d’un siècle d’histoires, un siècle et demi d’Histoire avec ses épisodes dramatiques parfois. La fête a toujours été respectée à Mollégès à l’exception des années de guerre, et de quelques années à l’approche de la seconde guerre mondiale. A l’approche des années 30, l’action française trouve une caisse de résonance dans le village de Mollégès qui comptera en conséquence de nombreux excommuniés. Loin d’arrêter les charretiers partis faire courir leur bête dans les villages alentours elle a toutefois empêché la Saint Eloy dans le village quelque temps... Le registre paroissial semble être repris en 1939 par les prieurs pour s’arrêter à cette année, vaincu par une guerre.

Partie remise, il était dit que cette fête vivrait. Elle renait de ses cendres en 1947 grâce a quelques passionnés dont le grand père de Michel, Léon Fabre qui en devient alors le président. La fête ne s’interrompra plus qu’une seule fois en 1967 lorsque le président de l’époque l’oncle Pierre Fabre décide de ne pas faire la fête en raison du décès d’Augustin German le grand père maternel de michel.
L’héritage pour cette famille de Mollégeois n’en est que plus fort. Une vraie tradition de famille, celle d’une confrérie forte de 80 membres aujourd’hui.

Alors le charretier sourit. La fête a du succès. Toute la semaine, les aubades ou sérénades se sont bien passées, tous les membres du village sont contents. Ou presque... Cette année, les enfants ont vu la Charrette entrer dans l’école pour la dernière fois, au nom de la laïcité. Sans commenter une décision républicaine, il faudra prendre une position quant aux fêtes traditionnelles. Au siècle dernier, la Provence était catholique, et les fêtes étaient votives. A vouloir nier les saints, on niera tout l’héritage culturel lié. Mais il s’agit d’un autre débat...
Pour l’heure, la charrette suit les arlésiennes, et le charretier est très loin derrière Magali Nouveau et Marion Pitras demoiselles d’honneur de Caroline Serre la XXe Reine du Pays d’Arles. Magali et Marion accompagnent les dames des deux prieurs et ouvrent le cortège d’arlésiennes au son des galoubets. Mr le curé bénit l’attelage, les chevaux et charretiers, et regarde tout ce bon village profiter de cette journée de vote.

Loin d’ici, à Marseille, une autre Saint Eloi a lieu. La cavalcade à Chateaugombert met en scène des chars décorés attelés à des flèches de 4 anes, chevaux ou mulets. Signe du point commun de ces deux fêtes, les documents du XIXe Siècle de la Saint Eloy dans les Alpilles parlent d’un Capitaine et d’un lieutenant qu’on gardé les Saint Eloi en pays de Marseille, et ces derniers ont conservé également une Carreto Ramado qui fait partie des attelages présentés.
Les Métiers liés au cheval étaient différents, la foi identique, la fête aussi réussie.

Osco Sant Aloy...

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